Ce qu'un confrère cherche à voir
Un artisan qui regarde votre annonce se pose trois questions, dans cet ordre : est-ce que c'est bien la référence que je cherche ? est-ce que c'est en état ? est-ce que la quantité correspond ?
Si vos photos ne répondent pas à ces trois questions, il passe à la suivante. Il ne vous appellera pas pour demander : il n'a pas le temps.
Les cinq photos qui suffisent
1. Le lot entier, en entier
Reculez. Photographiez tout le lot d'un coup, avec quelque chose à côté qui donne l'échelle — un mètre, une palette, votre pied. Un gros plan sur trois sacs ne dit pas s'il y en a dix ou cinquante.
2. L'étiquette
C'est la photo la plus importante, et c'est celle que tout le monde oublie. Un gros plan net sur l'étiquette : marque, référence, teinte, date de fabrication ou de péremption. C'est ce qui permet à un confrère de vérifier en trente secondes que c'est compatible avec son chantier.
3. L'état réel
Un sac entamé ? Photographiez-le. Un angle de palette abîmé ? Photographiez-le aussi. Ça semble contre-productif — c'est l'inverse. Un défaut annoncé rassure, un défaut découvert sur place annule la vente et vous fait perdre une matinée.
4. Le stockage
Sous abri, sur palette, filmé : montrez-le. C'est ce qui fait la différence entre un lot qui vaut 60 % du neuf et un lot qui n'en vaut que 30. Une photo du hangar dit plus que trois lignes de description.
5. L'accès
Pour du matériel ou un gros volume : montrez comment on vient le chercher. Camion au pied du lot, ou trois étages sans ascenseur ? Ça change tout pour celui qui vient, et ça évite le rendez-vous manqué.
Les erreurs qui font fuir
Photographier de nuit ou dans un fond de garage. Sortez le lot, ou allumez. Un lot qu'on ne voit pas est un lot qu'on n'achète pas.
Le portrait vertical de loin. Sur une carte d'annonce, l'image s'affiche en paysage. Une photo verticale est recadrée et on ne voit plus rien.
Une seule photo. C'est le signal « je n'ai pas pris le temps » — et ça se traduit par « il ne prendra pas le temps de me répondre non plus ».
La photo du catalogue. Prendre l'image du fournisseur sur internet, c'est le meilleur moyen de ne pas être pris au sérieux. On veut voir votre lot, dans votre dépôt.
Le matériel, c'est différent
Pour une machine, ajoutez trois choses : le compteur horaire en gros plan, la plaque constructeur (modèle, année, numéro de série), et une photo de la machine en marche. Ces trois-là valent mieux que toutes les descriptions du monde.
Et si le contrôle périodique est à jour, photographiez le rapport. C'est un argument de vente, pas une formalité.
Deux minutes, pas plus
Vous n'êtes pas photographe, et personne ne vous demande de l'être. Un téléphone, la lumière du jour, cinq clichés. Ce qui fait partir un lot, ce n'est pas la qualité de l'image — c'est qu'elle réponde aux questions avant qu'on les pose.