CHANTIER VOISIN
Déstockage

Déstockage de matériaux BTP : à quel prix vendre ?

Trop cher, ça ne part pas. Trop bas, vous bradez. Voilà comment fixer le prix d'un lot sans y passer la journée.

15 juillet 2026 · 5 min de lecture

La règle de base

Un lot de matériaux de chantier neuf, stocké au sec, dans son emballage d'origine, se vend entre 50 et 70 % du prix fournisseur. C'est le point de départ. Tout le reste, ce sont des ajustements.

En dessous de 50 %, vous bradez sans raison : celui d'en face sait ce que ça vaut neuf, il ne cherche pas l'affaire du siècle, il cherche à ne pas commander une palette pour six plaques.

Au-dessus de 70 %, la question se pose : pour 30 % de plus, il commande du neuf, avec la garantie et la livraison. Vous perdez votre avantage.

Les décotes selon la famille

Tous les matériaux ne vieillissent pas pareil. Quelques repères :

  • Ciment, mortier, enduit en sac : 40 à 60 % du neuf. La date de péremption compte énormément — au-delà de six mois, ça se discute vraiment.
  • Carrelage, parquet : 50 à 70 %. Une série encore au catalogue vaut plus qu'une référence arrêtée. Précisez toujours le lot de fabrication.
  • Placo, isolant : 50 à 65 %, à condition que ce soit resté au sec. Un rouleau de laine tassé par l'humidité ne vaut rien, autant l'annoncer.
  • Tuiles, ardoises : 60 à 80 %. C'est ce qui se déprécie le moins, et sur du bâti ancien une référence rare peut se vendre au prix du neuf.
  • Menuiseries sur mesure : 30 à 50 %. Difficile à recaser, sauf coup de chance sur les dimensions.
  • Peinture : 40 à 60 % si le pot n'est pas ouvert. Une teinte spéciale peut valoir plus cher pour celui qui doit finir une série.

Ce qui fait monter le prix

La quantité complète. Un lot qui suffit à faire une pièce entière vaut plus cher au mètre carré qu'un fond de palette.

La référence encore disponible. Celui d'en face peut compléter chez son fournisseur si besoin.

Le stockage propre. Sous abri, sur palette, filmé : dites-le, ça change tout.

La disponibilité immédiate. Un confrère qui a besoin du lot pour lundi paiera le prix du service.

Ce qui le fait descendre

Emballage ouvert ou abîmé, produit approchant sa date, référence arrêtée, quantité bâtarde, retrait compliqué (étage sans ascenseur, accès camion impossible). Rien de rédhibitoire — mais dites-le franchement, ça évite les allers-retours pour rien.

Et le don, alors ?

Ne le sous-estimez pas. Pour un lot bâtard, un fond de palette, un produit qui approche sa date : le don libère votre dépôt, évite la benne, et rend service. Sur Chantier Voisin, il suffit d'écrire « Don » à la place du prix.

Sur le plan comptable, en micro-entreprise, un don de matériaux déjà passé en charge ne change rien. Et vous créez une dette morale chez un confrère — qui pensera à vous la prochaine fois qu'il aura du rab.

Les trois erreurs classiques

Partir du prix catalogue actuel. Vous l'avez acheté il y a deux ans, à un tarif différent, avec votre remise pro. Partez de ce que vous, vous avez payé.

Vouloir se rembourser. Le lot est déjà passé en charge, il est déjà amorti sur le chantier. Ce que vous en tirez, c'est du bonus. Le vrai coût, c'est de le garder.

Ne pas donner le prix. « Faire offre » fait fuir tout le monde. Un artisan n'a pas le temps de négocier : il regarde, il calcule, il appelle ou il passe. Affichez un prix.

Le bon réflexe

Fixez votre prix en trente secondes, publiez, et voyez. S'il n'y a aucun contact au bout de deux semaines, baissez de 15 %. Ce qui compte, c'est que le lot parte — pas qu'il parte au prix parfait.

Pour aller plus loin : les matériaux BTP en surplus entre artisans.

Le réseau démarre. Les premiers artisans inscrits sont ceux qu'on verra en premier : leurs annonces sont seules en tête de liste, le temps que la région se remplisse. Créer mon compte →

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