Oui, il faut une facture
Dès lors que vous vendez à un autre professionnel, la facture est obligatoire. Ce n'est pas une question de montant : que le lot parte à 50 € ou à 3 000 €, la règle est la même. Votre confrère en a besoin pour passer l'achat en charge, et vous pour justifier l'encaissement.
Le seul cas où la question ne se pose pas, c'est le don pur : pas de facture, mais gardez une trace écrite (un simple message dans la messagerie du site suffit) de ce qui est parti et quand.
Ce que la facture doit contenir
- Vos coordonnées et votre SIRET
- Celles de l'acheteur, avec son SIRET
- La date, un numéro qui suit la série de vos factures
- La désignation précise du lot : « 14 sacs d'enduit monocouche 25 kg, marque X, référence Y »
- Le prix unitaire et le total
- La mention de TVA adaptée à votre situation
Rien de plus. Une facture de cession de matériaux, c'est une facture ordinaire.
La TVA, selon votre régime
Vous êtes en micro-entreprise, sous le seuil. Vous ne facturez pas la TVA. Mention obligatoire : « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Votre confrère ne récupère rien — il le sait, c'est intégré dans le prix qu'il accepte.
Vous êtes assujetti. Vous facturez au taux normal de 20 %, même si le matériau avait été acheté pour un chantier à 10 % ou 5,5 %. Les taux réduits s'appliquent aux travaux, pas à la revente de matériaux. C'est l'erreur classique.
Attention à un point : si vous aviez récupéré la TVA à l'achat et que vous revendez, la logique fiscale veut que vous la reversiez sur la vente. C'est cohérent, mais ça change le prix net que vous encaissez. Anticipez-le en fixant votre prix.
Et si le lot était déjà passé en charge ?
C'est le cas le plus fréquent : les matériaux ont été achetés pour un chantier, passés en charge, et il en reste. La revente est un produit — un revenu à déclarer, comme les autres.
En micro-entreprise, ça entre dans votre chiffre d'affaires et compte pour vos seuils. Attention si vous approchez de la limite : quelques milliers d'euros de matériaux revendus peuvent vous faire basculer. Surveillez ça.
Le cas de la location de matériel
Louer une nacelle à un confrère, ce n'est pas la même chose que vendre un sac de ciment. C'est une prestation de service, avec deux conséquences :
En micro-entreprise, la location relève des BIC prestations de service, avec un seuil et un taux de cotisations différents de la vente de marchandises. Si vous faites les deux, il faut ventiler.
Et si la location devient régulière — plusieurs fois par mois, tous les mois — l'administration peut considérer que vous exercez une activité de loueur, qui n'est pas forcément dans votre objet. Pour du dépannage occasionnel entre confrères, aucun souci. Pour une activité de fond, parlez-en à votre comptable.
Le paiement et la facture
Le paiement se fait directement entre vous et votre confrère : la plateforme ne touche pas à l'argent. Donc c'est vous qui facturez votre confrère, pas la plateforme. Chantier Voisin n'est pas partie à la vente, il ne fait que vous mettre en relation.
Publier sur Chantier Voisin est gratuit. Si vous achetez une mise en avant, sa facture est une charge pour vous, sans rapport avec vos ventes.
En pratique
Le plus simple : une facture par lot cédé, faite le jour du retrait, envoyée par email. Deux minutes sur votre logiciel habituel. Ce sont les mêmes gestes que pour un chantier, juste avec moins de lignes.
Et si vous avez un doute sur votre situation précise, posez la question à votre comptable — c'est le genre de point qui se règle en un appel.